3. Théories de l'échange
• Aristote
On attribue généralement à Aristote la découverte de la distinction entre valeur d'usage et valeur d'échange, la première s'appliquant aux biens destinés à la consommation du producteur, la seconde aux biens destinés à l'échange. D'où deux manières d'acquérir, « l'une par les travaux et l'économie rustiques, l'autre par le commerce ; la première est indispensable et mérite des éloges, la deuxième par contre [...] ne tient rien de la nature, mais tout de la convention. » Aristote distingue également, dans l'usage de la monnaie celui par lequel elle ne joue qu'un rôle d'intermédiaire dans l'échange et celui qui conduit au profit pécuniaire qu'il fustige sous le nom de chrématistique. Ce faisant, Aristote pressentait l'existence de deux formes d'organisation sociale, dont il constatait à la fois la coexistence et l'incompatibilité.
À l'inverse, les économistes classiques, et en particulier Adam Smith (1776), considèrent que l'échange est un instinct chez l'homme et le moyen par lequel la diversité de ses besoins se trouve satisfaite. L'échange, phénomène universel, se manifeste à différents degrés dans toutes les sociétés, mais prend sa forme la plus achevée dans l'économie de marché par le dégagement de la valeur que permet le fonctionnement sans entrave de la loi de l'offre et de la demande. La théorie des échanges chez les économistes classiques est donc étroitement associée à la théorie de la valeur.
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