Le concept même de dyslexie est fort discuté. Il peut servir à qualifier les difficultés ou les altérations de l'apprentissage du langage écrit, en dehors des simples retards dans l'« acquisition » de la lecture. Selon cette conception, la dyslexie n'est pas une déviation d'un processus évolutif, mais un handicap, une incompétence à apprendre à lire, une incapacité élective : son caractère isolé, détaché de tout autre trouble de l'apprentissage ou de toute perturbation neurologique ou affective, porte à en faire une affection autonome, voire héréditaire.
Mais, plutôt que comme ce handicap dont on a fait une « maladie du siècle », la dyslexie peut aussi être considérée comme la traduction d'un dysfonctionnement de la fonction symbolique : elle marque, au niveau du décryptage du langage écrit, une infirmité plus générale du symbolique. Dès lors, sa problématique s'inscrit dans la difficulté à « intégrer » les symboles de l'écriture en tant que tels, à croiser les critères afférents de la fonction visuelle avec les éléments auditifs et articulatoires de la parole. Il s'agit d'une altération de la fonction de lire ou de la « transcriptiona ». On comprend par là que chacun de ces critères et de ces canaux afférentiels puisse être partie prenante dans la dyslexie, en dehors des fonctions intégratives elles-mêmes.
1. Les études portant sur l'organisation spatiale et temporelle
Du côté du repérage et de la discrimination visuels dans la dimension spatiale et dans l'appréciation du poids de la Gestalt, on peut relever les inversions en miroir, les élisions, les confusions de forme. C'est là-dessus que s'appuie une des positions explicatives de la dyslexie : les aberrations de l'apprentissage seraient liées à ces facteurs spatiaux, rendant compte en particulier des confusions classiques entre b et d, p et q, m et n. Par là s'explique l'importance qu'on accorde, dans le diagnostic, aux perturbations de l'organisation spatiale évaluées par des tests et, dans la thérapeutique, aux exercices qui tendent à l'a […]
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