4. Fluctuations, limitation et régulation des populations
Les effectifs des populations naturelles fluctuent dans l'espace et dans le temps. Dans beaucoup de cas, ces variations paraissent modérées par rapport aux capacités de multiplication des espèces. Aussi, très tôt, s'est développée l'idée que les effectifs des populations naturelles étaient ajustés à la capacité limite du milieu grâce à des processus de régulation. La proposition fondamentale de cette théorie est qu'une population ne peut être en équilibre avec son milieu que si sa croissance dépend de sa densité, ce que traduit en termes mathématiques simples l'équation dite logistique de Verhulst.
• La régulation densité-dépendante
Dans le modèle dN/dt = rN, on considère que le taux de croissance r décroît avec l'effectif N. On écrit donc : dN/dt = r(N) N. Le modèle logistique s'appuie sur la plus simple fonction décroissante de l'effectif qui puisse être, r(N) = rmax – bN. L'effectif croît de façon sigmoïde et tend vers une asymptote K = rmax/b, qu'on appelle généralement la capacité limite du milieu. En rendant les paramètres d'un modèle matriciel dépendants de la densité, on obtiendra de la même façon la stabilisation des effectifs dans une population structurée en âge. Il s'est ainsi développé, dès les années 1930, un premier courant de pensée autour de l'idée que les populations naturelles sont régulées par des facteurs biotiques dont l'action dépend de la densité. Le principal mécanisme de réglage de la densité serait la compétition, le facteur limitant étant généralement la quantité de nourriture disponible.
À ce sujet s'est engagée une polémique entre les biologistes britanniques David Lack et V. C. Wynne-Edwards (1962). Ce dernier admet que la nourriture es […]
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