Né à Cambrai, fils d'un commissaire des guerres, Dumouriez fait ses premières armes dans la guerre de Sept Ans ; plus doué pour l'intrigue que pour l'héroïsme, il est vite chargé de diverses missions plus diplomatiques que militaires en Espagne, en Corse, en Pologne et en Suède (1763-1773) ; il connaît plus d'une aventure mal élucidée et fait une fois six mois de Bastille. Maréchal de camp (général de brigade) en 1788, il lie partie avec les Jacobins et se trouve, en 1792, ministre des Relations extérieures puis de la Guerre ; contraint de démissionner, il part à l'armée du Nord et en prend le commandement après la désertion de Lafayette. Par ses audacieuses manœuvres, il est sans conteste le principal vainqueur de Valmy ; la façon dont il laisse l'armée prussienne se retirer ensuite sans chercher à la détruire lui attire aussitôt la suspicion de Marat, qui flaire en lui, déjà, le candidat dictateur. Sa victoire de Jemappes livre la Belgique à la République ; il rêve alors de se constituer une sorte de proconsulat dans les Pays-Bas pour, de là, dicter ses volontés à Paris. Il envahit la Hollande, mais est pris de flanc et vaincu à Neerwinden (18 mars 1793) ; il s'abouche alors a […]
