3. Les années d'apprentissage
Après avoir obtenu, grâce à l'appui d'anciens amis de son père, une modeste place de surnuméraire, puis d'employé dans les bureaux de Louis-Philippe, duc d'Orléans, Alexandre découvre le Paris de la Restauration et entreprend en autodidacte une seconde éducation en dévorant les livres. Les salons littéraires qu'il fréquente d'abord appartiennent aux milieux impériaux et libéraux, de tendance classique. Mais ce curieux passionné ne saurait rester insensible aux idées nouvelles du romantisme qui transforment la sensibilité, et rejettent les canons de l'idéal classique. Les fils découvrent la littérature des peuples que les pères avaient conquis ou combattus. Ils lisent avec passion les Allemands Schiller et Goethe, l'Écossais Walter Scott, l'Anglais Byron, l'Américain Fenimore Cooper. Ces influences étrangères, auxquelles s'ajoutent des luttes générationnelles, induisent peu à peu une rupture formelle puis idéologique avec les aînés. Aussi le jeune auteur de pièces militantes (une Élégie sur la mort du général Foy, 1825 ; un Canaris, vendu « au profit des Grecs ») de poésies fugitives, de deux vaudevilles, se convertit-il au romantisme. En même temps, il lie des amitiés précieuses avec les littérateurs proches du duc d'Orléans (Jean Vatout, Casimir Delavigne), séduit le salon Villenave, et la fille de la maison, Mélanie Waldor. Son ambition semble atteinte lorsque, le 20 mars 1828, le Comité d'administration de la Comédie-Française reçoit « à corrections » sa tragédie en cinq actes intitulée Christine de Suède. Par bonheur pour l'auteur de cette tragédie encore classique, la pièce ne trouve pas le chemin de la scène.
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