Lorsque sa sœur Anne-Marie épouse Nicolas Poussin, en 1630, le jeune Gaspard Dughet, Français de Rome, entre dans l'atelier du maître. Il y passe cinq années qui sont pour lui l'apprentissage d'une technique brillante et rapide qui étonnera les contemporains. C'est aussi le moment où se révèle à lui la beauté du monde antique qu'il découvre dans la campagne romaine. Il sera peintre de paysages. Sans être ni le premier — ni le plus grand — artiste à s'intéresser à la nature des environs de Rome, il acquiert très vite un excellent renom et multiplie les dessins, les esquisses à l'huile, les peintures qu'il achève en des temps records, faisant parfois une toile en un jour. Cet habile technicien du fa presto a laissé une œuvre où abondent les répliques et les variations sur un même thème, ce qui nuit parfois à la qualité picturale. Aussi est-il délicat de tenter un classement chronologique de ces œuvres. Il semblerait que les premiers paysages, qui accumulent les détails, soient très fidèles à la réalité. Puis l'interprétation de la nature devient plus sensible, plus « romantique » ont écrit les critiques modernes, avec des sites à la végétation dense et sombre, où le bouil […]
