Le nom de Justinien demeure, par excellence, le symbole de la codification. À son avènement, en 527, la législation romaine se trouve consignée dans des recueils de textes officiels, mais anciens et donc incomplets (Code théodosien, de 438), ou dans des compilations privées antérieures à 468. Surtout, l'œuvre doctrinale n'est plus connue que de façon très fragmentaire. Pour l'empereur byzantin, la refonte des sources du droit n'est pas seulement une question d'ordre intérieur, c'est aussi une question de prestige. Justinien, empereur d'Orient, s'efforce de rétablir l'autorité impériale sur l'Occident. Militairement, la tentative se soldera par un échec, mais le souverain utilise au profit de son entreprise de reconquête d'autres atouts et, en tout premier lieu, l'influence dont jouit le droit romain dans le monde civilisé de l'époque.
À cet égard, les efforts de Justinien s'avèrent positifs, ils assureront la pérennité du droit romain, associé fort justement à son nom.
1. Une œuvre immense de codification
L'œuvre de compilation réalisée sous le règne de Justinien recouvre un triple domaine : législatif (Code et Novelles), doctrinal (Digeste ou Pandecte) et pédagogique (Institutes). L'ensemble est désigné sous le nom de Corpus juris civilis.
Le Code, publié en 529, contient une abondante série de lois de Justinien, ainsi que certaines constitutions dues à ses prédécesseurs. Les plus anciennes datent d'Hadrien (117-138). Après une seconde édition officielle, publiée en 534, qui est la seule conservée et qui tient compte des nouvelles lois, les constitutions postérieures furent réunies dans différents recueils de textes officieux (Novelles). La dernière collection a été composée sous le règne de Tibère II (578-582). Alors que le Code est rédigé en latin, la plupart des Novelles concernant les régions orientales de l'Empire le sont en grec, d'autres sont en latin ou écrites dans les deux langues.
C'est avec le Digeste que se marque le mieux l'originalité du travail de compilation accompli par Justinien. À première vu […]
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