8. Y a-t-il une philosophie du droit commercial ?
Droit des négociants, des banquiers et des hommes d'affaires, droit des marchandises qui s'achètent et qui se vendent, droit de l'argent qui circule et fructifie, le droit commercial ne paraît guère animé de préoccupations philosophiques. Comment le pourrait-il, d'ailleurs, puisque son existence précède son essence ? Il ne cherche qu'à établir un minimum d'ordre, d'honnêteté et de sécurité dans les relations économiques. C'est un droit concret, orienté vers la satisfaction des besoins matériels. Il laisse à d'autres disciplines des finalités plus nobles. Mais, s'il faisait défaut, ou s'il était trop imparfait, la justice, la liberté et la sécurité ne seraient probablement que des concepts vides de sens. Le renouveau des préoccupations éthiques, qui se manifeste depuis quelques années, devrait donner au droit commercial une importance nouvelle, car ce dernier constitue le seul contre-pouvoir opposé à l'insolence de l'argent corrupteur et immoral.
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