Douglass Cecil North, professeur à l'université Washington de Saint Louis (Missouri) fut colauréat, avec son compatriote Robert William Fogel, du prix Nobel des sciences économiques en 1993 pour avoir « renouvelé la recherche en histoire économique par l'application de la théorie économique et des méthodes quantitatives aux changements économiques et institutionnels ». Le jury récompensait ainsi les précurseurs de cette new economic history (nouvelle histoire économique) que l'on appelle aussi la « cliométrie » (du nom de la muse de l'Histoire) et qui est apparue aux États-Unis à la fin des années 1950. Cette approche tend à appliquer à la science historique des concepts, des méthodes et des instruments jusque-là réservés à l'analyse économique afin d'intégrer à la fois la conception narrative des faits et certaines méthodes des sciences exactes.
L'apport de Douglass North, né à Cambridge (Massachusetts) en 1920, fut parallèle à celui de Robert Fogel dans la mesure où ses recherches ont également porté, pour une large part, sur l'histoire économique américaine. C'est au sein du National Bureau of Economic Research (N.B.E.R.), dont il fut l'un des initiateurs et directeurs en 1967, qu'il se lie d'amitié avec son collègue Fogel. Au début des années 1960, le N.B.E.R. regroupe un nombre important de chercheurs qui travaillent sur divers projets de modélisation de données rétrospectives.
North profite des méthodes de la nouvelle histoire économique pour prendre ses distances à l'égard des tenants de la théorie néo-classique de l'équilibre. Selon lui, cette théorie n'a pas été conçue pour expliquer le changement économique de longue période et ne peut s'appliquer que dans un monde de marchés parfaits. Les processus historiques étant par nature évolutifs et complexes, ils ne peuvent en conséquence être analysés avec les instruments et les concepts de cette théorie.
Douglass North élabore son premier modèle de croissance pour la période 1790-1880 dans un livre The Economic Growth of the United Sta […]
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