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DORIENS

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3.  Théories récentes

Constatant qu'on n'avait pu identifier aucune trace incontestable de l'arrivée des Doriens, certains archéologues en ont conclu qu'il fallait rejeter totalement l'hypothèse d'une migration dorienne, qualifiée d'archaeological non-fact. Un tel argument est extrêmement faible : des nouveaux venus qui partagent les coutumes de ceux qu'ils envahissent, ou qui en adoptent très vite les usages, ne sont pas décelables par l'archéologie. Il n'est pas sûr qu'on aurait identifié les Hyksos en Égypte ou les Cassites en Babylonie si l'on n'avait pas eu de texte à leur sujet.

Il convient de revenir aux données dialectales, en insistant sur trois faits remarquables : la proximité entre les dialectes grecs du groupe nord-occidental et les dialectes doriens, l'étroite parenté entre les dialectes parlés dans les montagnes d'Arcadie et ceux de la lointaine Chypre et, enfin, la ressemblance entre cet arcado-chypriote et la langue des tablettes mycéniennes en Linéaire B. Beaucoup de traits dialectaux sont incontestablement le résultat d'évolutions linguistiques qui se sont produites au Ier millénaire, mais l'évolution d'une langue ne se fait pas de manière arbitraire ; certaines transformations phonétiques sont fréquentes (le passage de ti à si par assibilation par exemple), tandis que d'autres sont impossibles (le passage de si à ti notamment) ; on peut donc dire qu'en grec la forme ti est plus primitive que la forme si. Un dialecte dans lequel les formes primitives abondent, comme le dorien, ne peut être issu de dialectes plus « évolués ». Le grec utilisé par les scribes mycéniens présente beaucoup de traits évolués par rapport aux dialectes doriens. Depuis le déchiffrement du Linéaire B de 1953 jusqu'en 1975, on en a généralement conclu que les Doriens ne sauraient être les descendants des Mycéniens, et qu'ils étaient donc arrivés dans le Péloponnèse pendant les Âges obscurs, après 1200 avant J.-C.

Cette interprétation fut contestée en 1976 par le grand mycénologue anglais

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