Le mot « domino », peut-être d'origine italienne, désigne dès le xve siècle les productions d'artisans qui travaillent le papier et le carton pour en faire des plats de reliure et des boîtes ; ils impriment aussi et ils peignent des feuilles décoratives, des images et des cartes à jouer. Rabelais cite les dominotiers, que des édits de la fin du xvie siècle associent aux tapissiers. Les dominotiers resteront jusqu'à la fin de leur art, au milieu du xixe siècle, des artisans polyvalents, fabriquant aussi bien des images et des cartes que des papiers d'une couleur ou des feuilles ornées pour les gardes de livres, les fonds de coffrets ou de meubles et la tapisserie. Pour ce dernier genre, ils utilisent des bois gravés, taillés en relief et imprimés en noir, les couleurs étant généralement obtenues par la peinture à l'eau appliquée au pochoir.
Au xviiie siècle surtout, dans toute l'Europe, certains dominotiers, dont les graveurs travaillent aussi pour les indiennes, développent singulièrement la branche de leur activité consacrée à la tapisserie. Jean-Baptiste Papillon est à cet égard célèbre, mais […]
