Le plus « honnête homme » de la Compagnie de Jésus, et le plus estimé dans le monde, malgré une formation théologique, reçue à Bourges, et une carrière enseignante, commencée à Tours, puis vouée à des préceptorats flatteurs. L'éducation des jeunes princes de Longueville, celle de Seignelay, fils de Colbert, après un séjour à Dunkerque comme aumônier de garnison, assurent sa réputation. Fixé au collège Louis-le-Grand, il devient un habitué de l'académie Lamoignon, où l'introduit son confrère Rapin, et des samedis de Mlle de Scudéry. Il plaît au Tout-Paris littéraire par son amabilité, s'impose par sa passion de la langue française, sa culture moderne, sa finesse. « L'esprit lui sort de tous côtés » (Mme de Sévigné). Racine lui soumet quatre actes pour qu'il en marque « les fautes contre la langue ». La Fontaine le révère ; Boileau le tient en haute estime ; Saint-Évremond le place au pinacle ; Bussy-Rabutin entretient avec lui un chaleureux commerce épistolaire. Il n'a guère d'ennemis qu'à Port-Royal, ayant, notamment dans sa Lettre aux ecclésiastiques de Port-Royal (1668), pris le parti des Jésuites. Il n'hésite pas à publier un Recueil de vers très […]
