2. Les premières domestications
• Les végétaux
Le sud-ouest asiatique peut être considéré comme le lieu d'origine de la plupart des céréales – graines riches en calories et en protéines végétales, qui sont en outre faciles à transporter et à conserver d'une saison à l'autre (F. Bourlière, 1965) –, de beaucoup de légumes et de la majorité des arbres fruitiers (Transcaucasie) (figure). À partir des foyers eurasiens, les cultures s'étendirent vers l'est comme vers l'ouest : vers 10 000 avant J.-C., le nombre de plantes comestibles était infime en Europe mais, dès le IIIe millénaire avant J.-C., les céréales – blé, orge, mil à épis, seigle, avoine – y seront abondamment répandues.
Le Nouveau Monde a fourni le maïs, le haricot, le topinambour, la pomme de terre, la tomate. Certaines de ces plantes ne se répandirent en Europe qu'à partir du xvie siècle avec le retour des premiers conquistadors. D'Océanie et d'Extrême-Orient vinrent le riz, le millet, la tétragone et les crosnes.
À côté des plantes à valeur nutritive, l'homme cultivait pour son agrément, dès le IIIe millénaire avant J.-C., des plantes ornementales : rose en Europe et au Moyen-Orient aux IIIe-IIe millénaires avant J.-C., chrysanthèmes en Chine vers le début de notre ère...
L'exemple, bien documenté, du blé permet de donner un aperçu des transformations successives qui ont conduit des végétaux sauvages aux plantes cultivées puis domestiquées (D. Poulain, 2003). Bien avant que sa culture ne commence, plusieurs dizaines d'espèces de blé prospéraient déjà au Moyen-Orient. Les premières traces d'engrain (Triticum monococcum) et d'amidonnier (Triticum dicoccum) datent de 10 000 ans av. J.-C. Dans un premier temps, en l'absence de semailles, ce sont les grains qui échappent au cueilleur ou que celui-ci abandonne qui se reproduisent, laissant prédominer les caractères « sauvages ». Puis, dès que l'homme sème ce qu'il a récolté, la situation change. Une sélection peut avoir […]
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