Né à Florence, formé en Italie où, comme beaucoup d'artistes de cette époque, il subit l'influence de Michel-Ange, Dominique Florentin arrive en France sans doute avant Rosso, mais il n'est mentionné à Fontainebleau qu'entre 1537 et 1540, d'abord comme stucateur. De 1540 à 1550, il collabore avec Primatice et devient un des artistes les plus en vue, car les comptes révèlent qu'il est parmi les mieux rétribués. Il va désormais s'exprimer dans toutes les techniques : il est sculpteur, peintre, graveur, mosaïste et céramiste. Vers 1541, il travaille à Polisy pour les Dinteville. Dès lors, son activité se partage entre Troyes (où il mourra et où il exerce une influence notable sur la sculpture champenoise) et les chantiers royaux. Il collabore avec Primatice au tombeau des Guise à Joinville (1551-1552), à la grotte de Meudon (1552), au monument du Cœur d'Henri II (1561-1563), au mausolée royal de Saint-Denis (1565). Encore inconnu comme peintre, son œuvre de graveur au burin est, par contre, jalonnée de pièces signées qui permettent d'évoquer les influences qu'il a subies : Jules Romain (Lapidation de saint Étienne), Michel-Ange (Le Jugement dernier), Primatice (Le Banquet de Persépolis), Rosso (Gloria), des grotesques (suite de planches d'ornements). Son œuvre de sculpteur et de graveur révèle en Dominique Florentin l'une des figures dominantes parmi les artistes italiens travaillant à Fontainebleau. Capable de traduire avec souplesse les intentions de Primatice quand il travaille d'après ses dessins, il montre aussi, parfois, une force singulière où revit l'ascendant de Michel-Ange et de Rosso.
Sylvie BÉGUIN
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