2. Les systèmes morphogéniques
Les systèmes morphogéniques périglaciaires résultent de combinaisons réalisées entre des actions météoriques, des processus morphogéniques et de grands agents d'évacuation des matériaux. Leurs activités sont essentiellement réglées par l'intensité, la durée et la fréquence du gel.
• Actions météoriques
La primauté du gel s'exprime par une nette prépondérance des actions mécaniques sur les processus chimiques et biochimiques. Son intervention sur les roches provoque une contraction des minéraux, qui paraît toutefois incapable d'entraîner une fragmentation. En revanche, le gel à l'état humide constitue un puissant agent de débitage. Cette gélifraction, ou cryoclastie, tient à l'augmentation de volume d'environ 9 p. 100 qui accompagne la transformation de l'eau libre des roches en glace, et crée des tensions internes engendrant des ruptures.
Selon l'importance et l'agencement de leurs vides, les roches sont plus ou moins gélives. Très poreuse, la craie est très sensible au gel et se fragmente en granules ; les roches à structure schisteuse se débitent aussi aisément en paillettes. À cette microgélifraction s'oppose la macrogélifraction des roches compactes, caractérisée par le délogement de gros blocs, dû à l'exploitation par le gel des réseaux de fissures constitués par les diaclases, les plans de clivage ou les joints de stratification.
Mais ces types de fragmentation dépendent aussi des modalités du gel. Le premier correspond au gel modéré et superficiel des climats périglaciaires maritimes (îles australes, Islande et Groenland du Sud-Ouest) et de ceux des hautes montagnes tropicales à alternances gel-dégel journalières. Les variétés continentales à gel intense et prolongé, caractérisées par quelques alternances gel-dégel saisonnières, engendrent le second.
Toutes les autres actions météoriques ne jouent qu'un rôle secondaire et local. Ainsi, la dissolution s'exerce aux dépens des calcaires, avec une certaine efficacité dans les régions suffisamment humides, d'autant plus que les eaux de fonte de neige, froides, ont des teneurs élevées en dioxyde de carbone. Il existe d […]
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