2. Signification des dogmes
Le dogme, comme la parole divine elle-même et la théologie qui en recherche l'intelligence, a une valeur intellectuelle réelle, même si cet aspect est à entendre de façon moins rigidement intellectualiste qu'on ne l'a fait parfois. La certitude de foi est non seulement confiance, mais connaissance. Quand il s'agit de Dieu et de tout ce qui touche à Dieu, la connaissance n'est jamais qu'une connaissance pauvre, susceptible d'une critique « négative », c'est-à-dire rejetant le mode humain imparfait de l'expression. Ce caractère balbutiant concerne la foi elle-même, la théologie, et finalement le dogme, qui n'est jamais qu'un discours humain, inadéquat et cependant vrai. Humain, il est aussi dépendant du temps où il a été élaboré, et il est classique d'insister sur le fait qu'en utilisant tel terme l'Église le reprend selon sa signification universelle et sans canoniser tel système particulier (« natures », « substance »). Mais on était d'autant plus soucieux de souligner ce fait que l'on considérait un peu trop les formules comme immuables en elles-mêmes, alors qu'il est préférable de reconnaître qu'elles peuvent être, à certaines conditions, remplacées par d'autres.
On est passé, en ce domaine, de la conception fixiste d'un dogme immuable à la considération d'une certaine évolution. Celle-ci a d'abord été conçue de manière trop étroitement logique : explicitation d'un contenu de pensée, puis, comme on l'a vu, de manière organique. Il est bon d'insister sur l'homogénéité, la fidélité de ce développement par rapport au donné initial et de les opposer à certaines conceptions évolutionnistes. Toutefois cela ne doit pas faire méconnaître le rôle de l'histoire profane dans ce processus, et plus généralement celui de la vie de l'Église dans le monde dont elle fait partie : de l'homme vivant dans cette histoire viennent les questions qui, sans cesse, réinterrogent l'Évangile et provoquent de nouveaux efforts de la réflexion chrétienne. Surtout, cela ne doit pas […]
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