Né à Saint-Pétersbourg, mort à Paris, Merejkovski peut être considéré, avec le philosophe V. Soloviev, comme le père du symbolisme russe. En 1893, dans son essai sur Les Causes de la décadence de la littérature russe, il prend parti contre le réalisme et ce qu'il appelle « matérialisme artistique ». Il soutient que la littérature russe ne connaîtra de renouveau que dans l'affirmation du primat de l'esprit.
La vision symboliste du monde est ici dotée d'une forte charge religieuse et s'identifie, dans l'activité d'écriture de Merejkovski, à une quête de l'esprit chrétien authentique. La lutte entre Dieu et Diable, entre christianisme et paganisme traverse ainsi tous les domaines dans lesquels Merejkovski a œuvré : l'essai littéraire (L'Âme de Dostoïevski, Gogol et le Diable, Le Mufle-Roi, etc.), l'essai historique (Les Mystères de l'Orient, Luther, Calvin, Napoléon, etc.), le poème épique (Saint François d'Assise), le théâtre (Paul Ier), la poésie (Les Symboles), le roman (notamment deux trilogies, la première intitulée Christ et Antéchrist et composée de
