Alors que l'Occident veut voir dans la désignation de Dmitri Medvedev comme dauphin par Vladimir Poutine, en décembre 2007, une manœuvre permettant à celui-ci de sauvegarder à la fois les apparences démocratiques et son pouvoir, son élection à la présidence de la Fédération russe quelques mois plus tard réanime quelque espoir chez ceux qui, persuadés du caractère cyclique de l'histoire politique russe, en attendent un nouveau dégel.
Dmitri Medvedev, né à Leningrad le 14 septembre 1965, incarne une génération nouvelle, qui n'est pas passée par le Parti communiste. Il est issu d'une famille d'intellectuels qui n'a pas été marquée par l'histoire russo-soviétique tourmentée.
Juriste de formation (il a obtenu un doctorat de droit en 1990), comme Mikhaïl Gorbatchev et Vladimir Poutine, il est cependant le premier des trois à avoir une pratique concrète du droit : il a travaillé comme expert juridique à la mairie de Leningrad/Saint-Pétersbourg (au sein du comité des relations extérieures piloté par Poutine), ainsi que dans une entreprise mixte russo-suisse et dans un cabinet de consultants, créé avec des condisciples. Il a également enseigné le droit entre 1990 et 1999.
Ce praticien entame une carrière politique à la fin de 1999, quand Vladimir Poutine, devenu Premier ministre, l'appelle à Moscou. Directeur de la campagne présidentielle de mars 2000, « le Vizir » prend peu à peu pied dans diverses instances centrales : l'appareil du gouvernement, l'administration présidentielle, dont il prend la tête en octobre 2003, consacrant l'éviction d'Alexandre Volochine, proche de Boris Eltsine, le conseil d'administration de Gazprom (juin 2000), le Conseil de sécurité (novembre 2003).
Mais ce n'est qu'en octobre 2005 qu'il est propulsé sur le devant de la scène publique, quand il est nommé vice-Premier ministre en charge des « Projets nationaux » destinés à améliorer le quotidien des Russes : on le voit dès lors visitant étables et maternités modèles. Cette image tutélaire le fait apparaîtr […]
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