Docteur ḥanbalite et soufi d'origine persane, ‘Abd al-Qādir al-Djīlānī vécut à Bagdad. Il parvint à concilier l'orthodoxie avec le mysticisme. Il dirigea à Bagdad une école de la secte ḥanbalite et un ribāt (couvent) ; il réunit autour de lui un grand nombre de disciples qui répandirent par la suite ses idées. Pour Djīlānī, le savoir théologique et le raisonnement dogmatique n'ont pas de force sans le consentement du cœur. En revanche, le sentiment religieux que ne soutiennent pas des critères doctrinaux aboutit parfois à des déviations fort condamnables. Seule est durable l'union du cœur et de la raison.
Djīlānī exerça une grande influence par ses sermons simples, clairs et émaillés de citations coraniques. Il créa l'ordre des Qādariyya, qui est la première confrérie de derviches tourneurs. Ceux-ci pratiquaient en effet des exercices religieux, dont les litanies et la danse pivotante, pour favoriser l'extase.
Grâce à Djīlānī, le soufisme n'était plus entaché d'hérésie. Sa confrérie bénéficia de l'appui des gouvernants saldjūqides, qui voulaient utiliser à leur profit l'influence morale qu'exerçaient les Qādariyya sur les classes populaires.
Après la mort de Djīlānī, sa confrérie prit de plus en plus d'importance : elle constituait, à la veille de l'invasion mongole, l'une des composantes caractéristiques de l'islam. Les Qādariyya devinrent également majoritaires parmi les confréries de l'Inde musulmane et du Maghreb.
Sayed Attia ABUL NAGA
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