3. La république de Djibouti indépendante
« Sauvegarder la paix, l'unité et l'égalité dans la Communauté du peuple de la république de Djibouti », proclamait le président Hassan Gouled lors des cérémonies de l'indépendance du pays. Pourtant, ces principes furent bafoués tout au long de sa longue présidence (1977-1999), poussant les Afar à prendre les armes pour défendre leurs droits (1991-1994). Il revint au successeur de Hassan Gouled, Ismaël Omar Guelleh, élu en 1999, et réélu en 2005, de poursuivre l'œuvre de réconciliation nationale et d'engager des réformes pour soutenir le développement et lutter contre la pauvreté.
• La vie politique
La lente mise en place des institutions
Malgré les efforts pour intégrer toutes les composantes ethniques du pays, et pour mettre aux commandes de l'État un Issa – le président Gouled – alors que la formation du premier gouvernement (15 juillet 1977) était placée sous la responsabilité d'un Afar – Ahmed Dini –, l'équilibre recherché ne résista pas à l'épreuve du pouvoir. Divers incidents (à la suite de l'attentat, en décembre 1977, du café Le Palmier en Zinc fréquenté par des Français, la répression s'abat sur les Afar) conduisirent Ahmed Dini à démissionner de son poste de Premier ministre le 17 décembre 1977, entraînant le départ de quatre membres afar du gouvernement. Par décret du 20 décembre, le Mouvement populaire de libération nouvellement créé par Ahmed Dini et entré dans l'opposition était dissous. Les jeunes Afar prirent alors le maquis ou s'expatrièrent, notamment en Éthiopie. De nombreuses arrestations aggravèrent les tensions. La crise politique ouverte se prolongea durant dix mois jusqu'à ce que le chef de l'État nomme Barkat Gourad Hamadou comme Premier ministre, un Afar manifestant un indéfectible attachement au régime et qui conservera son portefeuille jusqu'en février 2001.
Au nom de l'unité nationale et de la paix sociale, la « président […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 11 pages…



