Ride montagneuse de la Djézireh irakienne, à l'ouest de Mossoul, le djebel Sindjār se prolonge légèrement à l'ouest en Syrie, où il est relayé, au-delà de la vallée du Khābūr, par le djebel Abd al-‘Azīz. Bombement anticlinal de direction ouest - sud-ouest - est - nord-est, il altère la plate-forme syro-arabique sur 100 kilomètres et culmine à 1 498 mètres au piton de Chilmiré. Chaînon isolé au milieu de la steppe de Djézireh, domaine des nomades, le djebel Sindjār est une montagne-refuge typique où se sont retranchés les Yézidi faussement appelés « adorateurs du Diable ». Les Yézidi, de langue kurde, pratiquent une religion curieusement syncrétiste, associant des éléments juifs, chrétiens et musulmans. Ils ont aménagé un paysage de culture extrêmement intensive (légumes, tabac) sur des terrasses irriguées dans le fond des vallées ; la montagne calcaire, très répulsive, est livrée aux troupeaux de chèvres qui hivernent dans la plaine désertique contre paiement aux Bédouins de « l'impôt de fraternité ». La localité principale est Balad Sindjār, l'ancienne Singara.
Jean-Marc PROST-TOURNIER
Retour en haut



