Le terme de Djebāl (ou Djibāl, pluriel de l'arabe djabal, montagne ou colline) est employé par les Arabes pour désigner deux régions différentes.
D'une part, ils dénomment ainsi l'ancienne Médie (Māda, Māh) qu'ils appelèrent aussi ‘Irāk ‘Adjamī, c'est-à-dire l'Irak des « barbares », par opposition à ‘Irāk ‘Arabī, le pays que les Occidentaux appellent l'Irak. Dans les polémiques, l'épithète ‘adjamī finit d'ailleurs par prendre une signification élogieuse à l'égard des Persans. Les frontières du Djebāl iranien furent assez fluctuantes. Elles étaient grosso modo : au nord, l'Elbourz ; à l'est, le Khurāsān ; au sud, le Fārs ; au sud-ouest et à l'ouest, le Khuzistan et l'Irak ; au nord-ouest, l'Azerbaïdjan. Ainsi définie, la région englobait la majeure partie des provinces actuelles de l'Iran frontalières de la province du Centre (Téhéran). Sa géographie et son histoire sont liées à celles de l'Iran.
D'autre part, les auteurs arabes appellent al-Djibāl une région montagneuse de la Syrie méridionale (portion de l'Arabie Pétrée au sud du Wādī al-Hasā, qui se jette dans la mer Morte). Pourvue de nombreuses passes naturelles, la région joua un rôle commercial et stratégique important à l'époque hellénistique et lors du royaume franc de Jérusalem (forteresse de Montréal, sous Baudouin Ier en 1115). L'appellation était tombée en désuétude à l'époque mamelouke (xiiie s.).
Jean CALMARD
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