Publié l'année précédant la mort de Stéphane Mallarmé (1842-1898), le volume de Divagations recueille, sous forme d'anthologie, l'essentiel de ses écrits en prose. À plusieurs reprises déjà, le poète avait choisi cette forme : Album de vers et proses (1887-1888), Pages (1891) ou Vers et prose (1893) proposaient à chaque fois un « modeste florilège », seul substitut possible au grand œuvre, à l'achèvement toujours repoussé.
Comme Vers et prose, Divagations s'ouvre sur un avant-propos dépréciatif : « Un livre comme je ne les aime pas, ceux épars et privés d'architecture », affirme Mallarmé, qui se reproche entre autres des compromissions avec le journalisme. Aux dernières lignes se laisse pourtant deviner une réconciliation de l'auteur avec son projet : « les Divagations apparentes traitent un sujet, de pensée, unique – si je les revois en étranger, comme un cloître quoique brisé, exhalerait au promeneur, sa doctrine ». Il y a donc bien une architecture, fût-elle brisée.
À la fin du volume, une « bibliographie » minutieuse et très développée (comme le sera celle des Poésies) apporte des précisions sur ce « […]
