3. Principaux diurétiques
• Inhibiteurs de l'anhydrase carbonique
Au cours de l'utilisation de sulfamides antibactériennes, on avait observé l'alcalinisation de l'urine et un effet diurétique du médicament, d'où la recherche et la mise au point de sulfamides présentant cette propriété : ce sont les inhibiteurs d'un enzyme, l'anhydrase carbonique ; on en connaît deux types, les sulfamidothiadiazoles, dont le principal représentant est l'acétazolamide, et les phényldisulfonamides comme la dichlorphénamide (formule). Ils provoquent une diurèse aqueuse, sodique, bicarbonatée et potassique ; l'urine est alcaline. L'acide inhibe leur action et comme ils produisent eux-mêmes l'acidose plasmatique, leur effet s'épuise progressivement.
Ils agissent partout où intervient l'anhydrase carbonique au niveau des tubules proximal et distal. Ce sont les seuls diurétiques dont l'action sur le tubule proximal soit indiscutée.
En inhibant l'anhydrase carbonique, ils tarissent la source d'ion H+ nécessaire à l'échange avec le sodium au niveau du tubule ; de plus, au niveau du tubule distal, ils favorisent les échanges entre le sodium et le potassium entraînant l'élimination du potassium et alcalinisant l'urine.
Outre leur activité diurétique, les inhibiteurs de l'anhydrase carbonique ont d'autres propriétés consécutives à l'inhibition de l'enzyme : diminution de la sécrétion du suc gastrique et du suc pancréatique (cette action trop peu puissante ne peut être mise à profit chez l'ulcéreux), diminution de la sécrétion de l'humeur aqueuse réduisant la tension intra-oculaire (certains sont utilisés dans le traitement du glaucome), réduction de la sécrétion du liquide céphalo-rachidien, propriétés anticonvulsivantes, probablement par l'acidose qu'ils provoquent, et enfin inhibition de la formation de l'acide carbonique métabolique (traitement des acidoses respiratoires).
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