2. Adaptation des pièces buccales des Diptères
Les pièces buccales des Diptères adultes ne sont jamais broyeuses et même dans le cas des mouches prédatrices (Dolichopodidés par exemple) qui lacèrent leurs proies, la mastication est réalisée non pas au moyen des mandibules mais au moyen des dents chitineuses qui arment les labelles transformées à cet effet. Dans la majorité des cas, les pièces buccales sont transformées en trompe piqueuse ou suceuse et on observe dans leur constitution d'importantes variations.
Les mandibules n'existent que chez les espèces hématophages. Les maxilles sont rarement complètes mais les palpes maxillaires sont le plus souvent présents. Le labium constitue généralement la partie la plus importante de la trompe et se replie en une gouttière qui contient souvent les autres pièces buccales. Enfin l'hypopharynx, presque toujours présent, est souvent creusé d'un canal salivaire qui joue un rôle important chez les espèces hématophages vectrices de maladies.
Les espèces piqueuses, prédatrices ou hématophages ont une trompe épaisse et courte (Tabanidés, Empididés) ou mince et longue (Culicidés). Les pièces buccales aisément reconnaissables chez les Asilidés et les Tabanidés sont transformées chez les Culicidés en minces stylets tous semblables et difficiles à distinguer les uns des autres.
Mais l'appareil piqueur le plus évolué et le plus parfait est sans aucun doute celui de la mouche tsé-tsé, ou glossine, qui est réduit au labre et au labium (étroitement coaptés pour former le canal alimentaire) et à l'hypopharynx que traverse le canal salivaire. Toutes les autres pièces ont disparu, à l'exception des palpes maxillaires qui forment au repos une gaine protectrice.
Les pièces buccales suceuses que nous avons étudiées chez Calliphora sont très évoluées et ne peuvent s'interpréter qu'en les comparant à celles des insectes plus primitifs, comme Tipula chez qui les mandibules ont disparu mais non les maxilles, encore reconnaissables ; les labelles restent peu transformées. Chez les Syrphidés, les maxilles sont encore présents, mais le labium est déjà transformé en un organe suceur muni de pseudo-trachées.
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