Mi-ange, mi-démon, Diego Maradona demeure un personnage atypique dans l'histoire du sport. Son talent – certains parlent même de génie – de footballeur hors norme aurait dû faire de lui l'égal de Pelé. Mais ce talent fut trop lourd à porter pour ce petit bonhomme de 166 centimètres. Il pouvait un moment tutoyer le firmament, avant de multiplier d'impardonnables écarts qui lui faisaient côtoyer les enfers. Maradona fut en effet un virtuose capable de confisquer n'importe où le ballon pour faire basculer un match, tout en atteignant des sommets d'intelligence collective. Mais il pouvait aussi se comporter en voyou, trichant, sombrant dans les affres du dopage et de la drogue.
Quatre minutes d'un match résument à elles seules la carrière et la double personnalité de Diego Maradona : la période qui va de la cinquante et unième à la cinquante-cinquième minute du quart de finale de la Coupe du monde 1986, Argentine-Angleterre (2-1). Il inscrit d'abord un but d'escroc et de handballeur en trompant de la main le gardien anglais Peter Shilton – « c'était la main de Dieu », fanfaronnera-t-il. Puis il lave ce péché commis devant les téléspectateurs du monde entier en récupérant le ba […]
