2. Les plis diapirs
La plasticité des roches salines leur confère un rôle fondamental en tectonique, et les noyaux dysharmoniques de failles-plis ou d'anticlinaux de couverture évoluent souvent en plis déversés à noyau perçant, les plis diapirs. Ces anticlinaux à cœur éjectif peuvent prendre des formes très variées, car la présence d'un complexe plastique facilite l'écaillage des flancs ainsi que les glissements. Dans ce cas, c'est la contrainte tectonique qui est le facteur de l'accumulation puis de l'éjection des sels. F. Trusheim appelle « halotectonique » l'ensemble des processus générateurs de ce type de structures.
Il est évident que des interférences entre dômes et plis diapirs peuvent se produire, et certaines structures résultent du plissement d'une série dans laquelle une famille de diapirs s'était mise en place précédemment : les diapirs jouent un rôle majeur dans une telle phase orogénique en facilitant la naissance de contacts anormaux ou en fournissant la semelle de chevauchements importants. On comprendra alors les problèmes chronologiques épineux que posent ces formations souvent pauvres en fossiles : l'étude des séries salines est jalonnée d'erreurs considérables sur leur attribution stratigraphique, mais des recherches régionales précises et l'utilisation de techniques minéralogiques permettant de définir les conditions physico-chimiques de genèse de certains minéraux apportent des informations précieuses qui conduisent souvent à situer, avec justesse, ces formations vagabondes.
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