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DIAPASON

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4.  Le diapason matérialisé

C'est, semble-t-il, à la fin du xviie siècle que l'on songea à confier à un instrument témoin spécialisé, et non plus à l'un des instruments du groupe, le soin de faire entendre le son de référence auquel facteurs, accordeurs ou exécutants auraient mission de s'accorder. En raison de l'extrême variabilité des usages, on se servit le plus souvent d'un instrument étalonné non pas lors de sa fabrication, mais empiriquement sur place, et dans la plupart des cas de « flûtes d'accord », dites également « diapasons à pompe », sorte de tuyau d'orgue ou de flageolet sans trous, fermé par un corps de pompe mobile et coulissant, susceptible d'être gradué.

Aux environs de 1711, le luthiste anglais John Shore imagina le modèle à fourchette d'acier encore en usage aujourd'hui. Plus récemment, on a fabriqué des « diapasons à bouche », petits tubes cylindriques porteurs d'une anche libre. Mais la découverte la plus importante en ce domaine fut sans doute celle de l'acousticien Joseph Sauveur qui, en 1701, établit une méthode permettant de compter les vibrations, et par là de sortir de l'empirisme qui avait seul régné jusqu'alors ; sa découverte demeura malheureusement, durant près de cent cinquante ans, confinée dans les milieux fermés des spécialistes sans que les musiciens s'y intéressent. C'est ainsi que jusqu'au milieu du xixe siècle on ne se servit de cette possibilité qu'à titre de contrôle a posteriori, non systématique : de temps à autre un physicien relevait l'usage d'un diapason à tel endroit et le notait à titre documentaire, sans que cette connaissance jouât un rôle quelconque dans la pratique. Ces observations font apparaître, quel que soit le point de départ observé (qui peut être, à une même date, très variable d'un lieu à un autre), une montée. À l'Opéra de Paris, le la du diapason était en 1704 plus bas que notre la bémol (405,3) ; en 1810, il était à mi-chemin entre la bémol et la (423), mais, en 1830, il avait atteint la hauteur actuelle (440), qu'il dépassai […]

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