2. L'organisation
S'il n'y a pas eu échec de la reproduction, l'embryon implanté va prendre forme en dix semaines. Encore faut-il que le programme génétique présent dans le noyau à l'instant de la fécondation lui confère délimitation et aspect « humains », non seulement conformes à son espèce, mais aussi conformes à ce que l'on constate chez la majorité des individus de cette espèce qui se reconnaissent entre eux comme étant « normaux » : en ce cas la mise en forme de l'individu sera dite euplasique. Délimiter cette « normalité » est une tâche délicate, qu'influencent les mentalités et les cultures. Elle a été mieux analysée depuis une quinzaine d'années à partir des études sur le polymorphisme humain et la paléogénétique du rameau anthropique.
Toute déviation, si minime soit-elle, sera considérée a contrario comme une dysplasie. Ce terme savant de « plasie » dérive du grec πλ́ασσω, « je façonne », « je modèle », qui évoquait à l'époque hellénique classique le travail du potier.
• L'organisation normale (ou euplasie)
Son approche, qui exclut toute expérimentation humaine pour des raisons faciles à comprendre, n'est pas simple. Néanmoins quelques phénomènes communs à tous les Vertébrés permettent de dégager des lois élémentaires éclairant le programme normal de l'espèce, le programme normal de l'individu, donc le programme normal des cellules qui vont prendre place et rôle au sein de l'embryon humain.
Le programme de l'espèce
Homo sapiens a conservé des caractères archaïques au sein d'innombrables nouveautés qui le caractérisent. Et la théorie longtemps vilipendée d'Ernst Haeckel (1866) reprend quelque vigueur : l'ontogenèse (c'est-à-dire le phénomène qu'étudie l'embryologie, ces transformations par lesquelles passe l'individu dans son développement depuis l'œuf jusqu'à l'état achevé) est une courte récapitulation de la phylogenèse (c'est-à-dire de l'évolution). « L'o […]
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