1. Formation de nouvelles unités du lexique à partir des morphèmes de base et obtenues par addition, suppression ou remplacement d'un affixe au radical du mot. La dérivation est dite impropre lorsque les mots reçoivent une valeur dérivée nouvelle sans modifier leur forme, mais en changeant de catégorie grammaticale (exemples : le boire et le manger, le pourquoi et le comment). Néanmoins, les perspectives actuelles en linguistique insistent sur l'importance du composant syntaxique dans la procédure de dérivation et minimisent la finalité purement lexicale (accroître le stock des « mots ») qui, jusque-là, était la seule reconnue : tant de flottements terminologiques y étaient impliqués que la grammaire générative apporte une simplification non négligeable en considérant la dérivation comme un ensemble de moyens morpho-phonologiques (nominalisation, adjectivisation par exemple) permettant de passer d'une structure sous-jacente à une phrase réalisée (l'immeuble est, a été, sera construit ⇌ la construction de l'immeuble).
2. Ensemble des procédures automatiques qui, à un symbole initial, associe par des étapes intermédiaires les constituants catégoriels, puis morphologiques, jusqu'à ce que soit engendrée une phrase de la langue. L'application successive des règles ou instructions de cette dérivation est dite terminée quand aucune règle ne peut s'appliquer à un élément de cette suite. On peut toujours associer un indicateur syntagmatique à une dérivation. Une dérivation est dite récursive lorsque l'indicateur syntagmatique comporte un (des) élément(s) auto-dominant(s), autrement dit lorsque l'élément non terminal A peut se réécrire AX.
Nicole QUENTIN-MAURER
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