3. Formation des dépressions mobiles aux latitudes moyennes
La « théorie » norvégienne, élaborée au début du xxe siècle par Vilhelm Bjerknes et ses élèves de l'école de Bergen, attribue la formation des dépressions mobiles à l'instabilité du « front polaire ». Ce dernier est défini comme une surface de discontinuité séparant l'air tropical, humide et chaud, de l'air polaire, sec et frais. Sa trace au sol (sur les océans) se trouve aux alentours de la latitude 500 nord en hiver. De là, il s'élève en pente douce vers le pôle. Les conditions favorables au creusement d'une dépression sont le cheminement parallèle, d'ouest en est, de l'air froid et de l'air chaud ayant des vitesses différentes, donc un mouvement relatif opposé de part et d'autre du front, et l'intensité du contraste de température entre les deux courants. Une fois l'ondulation amorcée, on observe en surface la suite d'événements représentés sur la figure.
Les travaux des Norvégiens (qui culminent en 1933 avec la publication de leur célèbre Physikalische Hydrodynamik) n'ont jamais réussi à expliquer la véritable nature de l'instabilité. Leurs concepts conservent une valeur descriptive, contestée, mais toujours en usage dans les services météorologiques. Les Norvégiens disposaient de peu d'observations en altitude et avaient surtout travaillé sur des observations de surface. La nature tridimensionnelle du développement des dépressions, comme de l'ensemble des mouvements atmosphériques, s'est imposée ensuite avec la généralisation des sondages verticaux peu avant la Seconde Guerre mondiale.
L'Américain Jule Gregory Charney en 1947 et l'Anglais Erick Thomas Eady en 1949 ont découvert et expliqué la nature de l'instabilité hydrodynamique, baptisée instabilité barocline. Le vent d'ouest augmente avec l'altitude en proportion avec le gradient de température entre le pôle et le tropique. Au-delà d'une certaine valeur de cette augmentation (8 m/s entre 2 500 et 10 500 m pour une taille donnée de perturbation), presque toujours atteinte aux latitudes moyennes, toute perturbation ayant des dimensions horizontales convenables se développe et […]
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