La dépression peut être définie comme un état de l'activité économique – ou des grandeurs qui en sont les indicateurs, généralement sous forme de nombres-indices – inférieur à un niveau de référence. Le critère le plus souvent retenu est celui de plein-emploi des ressources disponibles ou du potentiel de production dans la période considérée, en particulier du plein-emploi de la main-d'œuvre. Ce niveau de référence est le taux d'emploi maximal pouvant être atteint et maintenu sans entraîner des pressions inflationnistes : ce taux est proche d'un taux d'emploi de 100 p. 100. Le phénomène du chômage résiduel découlant des phénomènes de friction sur le marché du travail fait qu'il n'atteint pas nécessairement ce taux.
La dépression est un phénomène réel (apprécié par référence à des indices en volume – tels que la production intérieure brute ou bien la production industrielle – réévalués à prix constants) distinct d'un phénomène monétaire : la déflation (appréciée par référence à des indices tels que le niveau général des prix, la masse monétaire). Néanmoins, dépression et déflation sont souvent des phénomènes concomitants.
L'analyse de la dépression en tant qu'état des grandeurs économiques relève d'une méthode dite de statique comparative. Cependant, cette analyse doit être prolongée par une théorie dynamique où la dépression est étudiée en tant que mouvement des grandeurs économiques, comme une phase du mouvement cyclique ou comme une tendance.
1. Analyse de statique comparative
• Position du problème
En statique comparative, on détermine à un instant donné les conditions de l'équilibre sur une courte période, pour rechercher les raisons qui font que les grandeurs économiques se fixent à un niveau inférieur à celui qui assurerait le plein-emploi, par comparaison avec les conditions de réalisation de l'équilibre correspondant à celui-ci. On ne cherche pas à expliquer l'instabilité conjoncturelle qui a conduit à la dépression. C'est au contraire l'existence d'un état stable de l'économie, inf […]
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