Si la photographe Denise Colomb n'avait réalisé que les portraits de Nicolas de Staël (1954) et d'Antonin Artaud (1947), la postérité lui serait déjà acquise. Modèles du genre par la clarté de leur style et par leur beauté tragique, ces portraits possèdent une dimension visionnaire. Quelques mois plus tard, le peintre se jettera de la terrasse de son atelier d'Antibes et l'écrivain décédera à l'hôpital d'Ivry, rongé par la maladie. Admirable portraitiste, essentiellement durant les années 1950, de toute une génération d'artistes, Denise Colomb est aussi connue pour ses photographies d'Indochine, des Antilles ou encore de Paris. Son nom est associé à la photographie humaniste française, aux côtés de Robert Doisneau, Édouard Boubat ou Willy Ronis.
Denise Colomb, née Denise Loeb à Paris en 1902, découvre la photographie au cours d'un séjour en Indochine, de 1935 à 1937. Destinés à illustrer des carnets de voyage ethnographiques, ses premiers clichés sont déjà empreints d'une touche de réalisme poétique. En 1948, dans le cadre du centenaire de l'abolition de l'esclavage, Aimé Césaire lui confie son premier reportage aux Antilles. L'appareil photographique et les voyages seront […]
