3. Deng après Mao
Après la mort de Mao Zedong et l'élimination de la bande des Quatre (1976), Deng Xiaoping revient à nouveau au pouvoir en 1977 et retrouve ses anciennes fonctions. Il se propose de mettre en pratique le programme des quatre modernisations (agriculture, industrie, sciences et techniques, et armée) exposé par Zhou Enlai dès 1975, qu'il avait lui-même aidé à préparer. Contre la faction maoïste regroupée derrière Hua Guofeng, le successeur désigné par Mao, Deng Xiaoping mobilise le peuple en soutenant le mouvement démocratique du « printemps de Pékin » de 1979. En revanche, son pouvoir une fois assuré, il considère comme une insulte personnelle l'analyse du dissident Wei Jingsheng, qui réclame la cinquième modernisation démocratique, indispensable, selon lui, au succès des quatre autres. L'ombre de Wei Jingsheng, condamné à de très lourdes peines, assombrit les indéniables succès des dernières années de la carrière de Deng Xiaoping.
Devenu, à partir de 1979, l'homme des réformes économiques et de l'ouverture sur l'extérieur, Deng Xiaoping rencontre tout d'abord une réussite remarquable dans les campagnes, où le démantèlement des communes populaires libère les forces productives. Étendue aux villes à partir de 1984, la politique réformiste semble devoir toucher progressivement le système politique, mais l'élimination des deux dauphins désignés, Hu Yaobang en 1987, puis Zhao Ziyang au lendemain des manifestations démocratiques place Tiananmen le 4 juin 1989, indique clairement les limites à ne pas dépasser.
Témoin de l'effondrement du système communiste chez le « grand frère russe » et en Europe centrale, Deng Xiaoping refuse d'être celui par qui le système communiste pourrait sombrer dans son dernier bastion chinois. Derrière le pragmatisme appliqué à l'économie qui a séduit le monde occidental (« Peu importe qu'un chat soit noir ou gris, pourvu qu'il attrape la souris »), la répression de 1989 viendra brutalement rappeler que, pour Deng Xiaoping, la couleur du « chat » chinois, finalement, conservait son importance.
Alors que son image avait disparu des journaux et des écrans de télévision depuis plus de trois ans et qu'il n'occupait plus aucune fonction officielle, Deng Xiaoping, qui s'est éteint le 19 février 1997, est resté jusqu'au bout « l'homme fort du régime chinois ».
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