3. Ses armes
Au service de ces idées, Démosthène use de toutes les ressources d'un art que les orateurs précédents avaient développé et qu'il porte à sa perfection.
• L'action oratoire
Un aspect de son éloquence nous échappe : cet art du geste, cette ardeur passionnée dont Eschine, devenu maître de rhétorique, porte témoignage, lui qui, après l'avoir raillée du vivant de son adversaire, lui rendait hommage en disant, après avoir lu à ses élèves admiratifs le Discours sur la couronne : « Que serait-ce si vous aviez entendu le monstre lui-même ! » Selon une anecdote transmise par Cicéron, Démosthène aurait considéré l'« action » comme l'essentiel de l'éloquence. Il ne dédaignait pas pourtant, du moins tant qu'il fut un orateur d'opposition, de publier ses discours, c'est-à-dire de prolonger par l'écrit l'effet de sa parole. C'est la trace de sa fougue qui donne à son style son allure inimitable.
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