2. Ses idées-forces : l'amour d'Athènes et de la liberté
Au cœur de la vie et de l'œuvre de Démosthène, il y a l'amour passionné d'Athènes, non pas de la cité qu'il a sous les yeux, et dont il voit avec lucidité les faiblesses et les tares, mais d'une Athènes idéale, hors du temps, telle que celle des ancêtres, une cité d'hommes libres, capable d'affronter tous les risques plutôt que de subir la servitude. Son amour de la liberté s'exalte au souvenir des grandes heures des guerres médiques, quand les Athéniens préféraient abandonner leur ville et s'embarquer sur leurs trières plutôt que d'accepter la domination des Perses : pour les États comme pour les individus, il n'est pire mal que l'esclavage.
• La mission d'Athènes
Grâce à leur courage, à leur abnégation, les Athéniens du passé ont sauvé la Grèce : voilà le rôle que Démosthène voudrait faire jouer à ses contemporains. Mettre sa force au service du droit et de la liberté, c'est le devoir d'une cité puissante, c'est ce que fit Athènes autrefois. Démosthène oublie – ou ne rappelle qu'avec discrétion – les excès de son impérialisme, et la catastrophe à laquelle aboutit sa volonté de puissance. Il ne retient que la radieuse vision du temps où elle conduisait la lutte contre les Barbares. Ce n'est d'ailleurs pas pour en tirer une vaine gloriole, mais pour en dégager une très haute leçon : les fils doivent être dignes de leurs pères, une cité glorieuse n'a pas le droit de démériter. Être au service des plus faibles, leur montrer l'exemple et les défendre, tel est le « privilège » que les ancêtres ont légué à leurs descendants.
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