3. La démonologie iranienne
Six siècles avant l'ère chrétienne, les Juifs, captifs à Babylone furent en contact permanent avec les Iraniens. Durant cet exil, l'angélologie et la démonologie iraniennes exercèrent leur influence sur la religion d'Israël. La conception zoroastrienne des Amesha-Spentas, attributs divins personnifiés par des intelligences, y laissa des traces aussi profondes que la croyance à l'existence de l'Esprit mauvais, Angra Mainyu, qui s'imposa au judaïsme, puis au christianisme, sous des traits analogues.
Zarathushtra pose en principe l'existence indépendante du Mal. Ce n'est pas la pure négation du Bien, ni une corruption ou un inachèvement de celui-ci ; c'est une puissance distincte et active qui, par sa nature même, est l'ennemie du Bien. L'histoire de ce conflit, auquel l'homme participe aux côtés de Spenta Mainyu, l'Esprit bienfaisant, se confond avec l'histoire du monde. La vie n'est qu'une croisade contre les puissances du Mal ; la création entière, elle-même, doit lutter pour s'élever au sommet de la perfection. L'Esprit bienfaisant n'est pas entièrement libre d'agir à son gré ; depuis qu'il est venu à l'existence, il a toujours rencontré l'opposition irréductible du Mauvais Esprit.
Les Gathas exposent clairement cette antithèse radicale : « Le plus saint des deux parla ainsi, dès le Commencement, au Mauvais : « Jamais nos mentalités ne s'harmoniseront, pas plus que nos doctrines, nos aspirations ni nos croyances, nos paroles ni nos actes, nos cœurs ni même nos âmes » (Yasna, XLV, 22).
Angra Mainyu, le Mauvais Esprit, a introduit dans le monde la discorde et la mort. Les daevas, sa progéniture, l'ont choisi comme seigneur. Il les initie, afin d'égarer l'homme par de mauvaises pensées, de méchantes paroles et des actions coupables, et pour le séduire par leurs artifices et leurs prestiges. La meilleure manière d'échapper à ces pièges consiste à penser à l'Esprit bienfaisant et à épouser sa cause. Il faut éviter, comme un pestiféré, l'homme asservi par ses pensées à Angra Mainyu e […]
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