3. L'éthique de Démocrite
Démocrite est encore l'auteur d'une éthique, dont le rapport à sa physique n'est pas clair (selon C. Bailey, il n'y en aurait aucun, mais G. Vlastos pense le contraire). Cette éthique met au premier chef le concept de kresis, un « équilibre dynamique », qui se situe soit à l'intérieur du microcosme humain, soit entre l'homme et la partie du macrocosme qui l'entoure immédiatement (Vlastos remarque que Démocrite semble avoir été le premier philosophe à employer le terme de microcosme). De cet équilibre doit jaillir un bien-être heureux et impavide – mais rigoureux et frôlant l'ascétisme : « N'accepte aucun plaisir sauf s'il te convient » (Diels et Kranz, B, 74). Le pouvoir de l'homme sur soi va jusqu'à une complète refonte, à une « création de sa nature » (physiopoiei, D.K., B, 33).
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