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DÉLIRE

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3.  Étiologie et pathogénie

Pathologie de la croyance, pathologie relationnelle, pathologie de la liberté, les délires sont connus dans leur phénoménologie, dans leurs caractères cliniques, dans leur dynamique affective, et, pour certains, dans leur causalité efficiente. Schématiquement, une certaine déstructuration (aspect et phénomènes négatifs) et une certaine restructuration (aspect et phénomènes positifs) de la personnalité tendant à défendre ainsi, sous une autre forme, son existence, conditionnent l'état délirant. Mais cela n'explicite pas la complexité du déterminisme délirant, ni la multiplicité des voies par lesquelles se préparent, se déclenchent ou se maintiennent les délires. Précisons seulement quelques points.

La réaction délirante de la personnalité à l'agression infectieuse (délire de la fièvre), toxique (alcoolisme, toxicomanies), traumatique (commotion cérébrale), émotionnelle (rupture affective, deuil, peur) présuppose déjà, dans certains cas, une autre condition, la prédisposition. Tout le monde ne délire pas, et tous les délirants ne délirent pas de la même façon.

La prédisposition marque une « fragilité orientante » de la personnalité, soit acquise par accumulation de conflits, de frustrations, etc. – cas plus rare qu'on ne le dit, car une personnalité solide résout ses conflits ou y fait face sans décompensation –, soit par insuffisance de développement de la personnalité, immaturité affective, dysharmonie, faiblesse du moi ayant une mauvaise organisation de ses défenses, insuffisante cohésion de la personnalité, soit par une disposition héréditaire infligeant au sujet une marque constitutionnelle.

Selon les théories psychopathologiques, l'essentiel des déterminismes est porté au niveau organique (phénomènes initiaux, neutres, anidéiques, automatiques de Clérambault, troubles du fonctionnement de la substance réticulée, de l'hypothalamus, pour G. Guiraud, par exemple), psychologique (fixation, régression, projection, dynamisme libidinal pour les psychanalystes freud […]

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CLÉRAMBAULT GAËTAN GATIAN DE (1872-1934)

Écrit par :  Jacques POSTEL

… *Psychiatre français. Clérambault est surtout connu par ses travaux cliniques à la fameuse Infirmerie spéciale du dépôt, à Paris, où il succéda à son maître Dupré, en 1920. Après des études sur les psychoses toxiques et les troubles mentaux consécutifs à des intoxications chroniques (en particulier celle de l'alcoolisme), il s'illustra par sa… Lire la suite
CONFUSION MENTALE

Écrit par :  Universalis

Dans le chapitre "Aspects cliniques"  : …  d'être, comme le dormeur, un spectateur passif de son rêve, le confus s'engage entièrement dans son *délire, en vit activement les scènes. C'est alors qu'il s'agite, qu'il se débat, attaque les ennemis qui l'entourent, cherche à fuir les scènes de carnage, d'épouvante ; des animaux répugnants ou féroces peuplent souvent ces cauchemars, surtout dans… Lire la suite
COTARD SYNDROME DE

Écrit par :  Georges TORRIS

… *Délire de négation, décrit par Cotard en 1880. Le malade, après avoir développé des préoccupations hypocondriaques et des troubles cénesthésiques, sent ses organes se putréfier et se détruire. Puis il en nie l'existence et étend enfin sa négation au monde extérieur et à sa propre existence. N'étant plus vivant, il ne saurait mourir, ce qui est vécu… Lire la suite
DIVINATION

Écrit par :  René ALLEAU

Dans le chapitre "Classification générale"  : …  pour le psychologue, l'historien et le philosophe. Socrate déclare : « Lorsqu'elles étaient en *délire, la prophétesse de Delphes et les prêtresses de Dodone ont rendu les services les plus signalés à la Grèce, tant pour le salut public que pour l'intérêt particulier ; et, lorsqu'elles n'étaient pas inspirées, elles ne lui ont procuré que peu d… Lire la suite
ESQUIROL JEAN ÉTIENNE DOMINIQUE (1772-1840)

Écrit par :  Jacques POSTEL

… *Psychiatre français originaire de Toulouse, où il fit ses études de théologie et de médecine, comme son maître Pinel, dont il devint l'élève, puis l'assistant à la Salpêtrière à Paris, avant de lui succéder à la tête de ce célèbre service en 1810. Esquirol perfectionna l'œuvre de son prédécesseur, tant en matière de nosologie que dans le domaine… Lire la suite
FALRET JEAN-PIERRE (1794-1870)

Écrit par :  Henri EY

…  les maladies mentales et, en 1854, son mémoire sur la Non-Existence de la monomanie. *C'est ainsi que, s'opposant à Esquirol et anticipant sur les théories de Moreau (de Tours), et même sur celles de K. Jaspers, concernant le « processus » des délires systématisés, Falret est l'un des premiers à défendre une conception organo-… Lire la suite
FOUS LITTÉRAIRES

Écrit par :  Jean-Jacques LECERCLE

Dans le chapitre "La folie et ses simulacres"  : …  de Virginia Woolf, Le Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras). Car mimer le *délire en produisant des textes qui n'ont apparemment ni queue ni tête mais sont en réalité très maîtrisés (comme il apparaît dans le respect méticuleux de la syntaxe qui caractérise les textes nonsensiques), ou bien mettre en scène la folie avec ce… Lire la suite
GÉRONTOLOGIE

Écrit par :  Claude BALIERFrançois BOURLIÈREMartine DRUENNE-FERRYPaul PAILLATHenri PÉQUIGNOT

Dans le chapitre "Problèmes psychopathologiques"  : …  des troubles affectifs d'origine psychologique et des troubles organiques dits états déficitaires. *Les troubles d'origine psychologique peuvent avoir des manifestations graves : délire de persécution ou délire de préjudice en relation avec des pertes de mémoire (le vieillard oublie l'endroit où il a placé un objet et croit qu'on le lui a volé).… Lire la suite
LASÈGUE ERNEST CHARLES (1816-1883)

Écrit par :  Jacques POSTEL

… *Psychiatre et médecin français. Après avoir étudié la philosophie, qu'il enseigna comme professeur suppléant au lycée Louis-le-Grand à Paris, Lasègue commença ses études de médecine avec Claude Bernard et B. Morel, puis de psychiatrie à la Salpêtrière (en particulier avec J.-P. Falret). Devenu médecin des hôpitaux de Paris en 1854 et chargé d'un… Lire la suite
MAGNAN JACQUES JOSEPH VALENTIN (1835-1916)

Écrit par :  Jacques POSTEL

… *Psychiatre français. Après des études de médecine à Montpellier et à Lyon, Magnan vient à Paris, où il est reçu au concours de l'internat des hôpitaux. Il y apprend la psychiatrie dans les services de Marce, Lucas, J.-P. Falret et Baillarger. Nommé « médecin interne » du tout nouveau service d'admission de l'hôpital Sainte-Anne, en 1867, il en… Lire la suite
MANIACO-DÉPRESSIVE PSYCHOSE

Écrit par :  Maurice BAZOT

Dans le chapitre "Aperçu historique"  : …  synonyme de « folie », de l'Antiquité jusqu'à Philippe Pinel (1745-1826), qui désigne ainsi tout « *délire général ». Son élève Jean Esquirol (1772-1840) vient obscurcir le débat en étiquetant « monomanies » une série de délires partiels. Au milieu du xixe siècle, la « manie » reçoit son acception actuelle de syndrome mental… Lire la suite
MOREAU DE TOURS JACQUES (1804-1884)

Écrit par :  Jacques POSTEL

… *Psychiatre français. Moreau fit ses études de médecine à Tours puis à Paris, où il apprit la psychiatrie dans le service d'Esquirol dont il fut l'interne. Il soutient sa thèse en 1830 sur « L'Influence du physique relativement au désordre des facultés intellectuelles et en particulier dans cette variété de délire désignée par M. Esquirol sous le… Lire la suite
NARCISSISME

Écrit par :  Michèle MONTRELAY

Dans le chapitre "Historique du concept psychanalytique"  : …  majeur de l'analyse de l'économie de l'inconscient, que Freud utilise d'abord dans l'analyse du *délire : « Le malade a retiré aux personnes de son entourage, et au monde extérieur en général, tout l'investissement libidinal orienté vers eux jusque-là [...] Dans la paranoïa, la libido devenue libre se fixe sur le moi [...] ; ainsi, le stade du… Lire la suite
PARANOÏA

Écrit par :  Jacques POSTEL

… , terme beaucoup moins employé. « Paranoïa » prend la signification psychiatrique actuelle de « * délire systématisé progressif » d'abord en Allemagne avec Heinroth (De paranoia fixa perperam dicta monomania) en 1842, et surtout avec K. Kahlbaum en 1863. Il est introduit en France par J. Seglas (Archives de neurologie, 1887) et… Lire la suite
PARAPHRÉNIE

Écrit par :  Georges TORRIS

… *Variété de délire chronique caractérisée par la préservation d'un secteur important de la personnalité (structure paralogique) et par la prédominance du mécanisme imaginatif (thèmes fantastiques). Si le mot « paranoïa » appartient à la nosologie hippocratique, celui de paraphrénie fut créé à son imitation, en 1882, par K. Kahlbaum pour désigner,… Lire la suite
PERSÉCUTION

Écrit par :  Georges TORRIS

Dans le chapitre "Le persécuté"  : …  et persécutrice est comme un équilibre phantasmatique de ces deux forces » (H. Ey). Dans ce type de *délire propre à la paranoïa le mécanisme essentiel est l'interprétation, grâce à quoi le malade peut voir une hostilité contre lui là où il n'y en a pas. Cette structure est si répandue qu'elle déborde la paranoïa proprement dite et peut se… Lire la suite
PROJECTION, psychanalyse

Écrit par :  Jacques POSTEL

Dans le chapitre "Le concept dans l'œuvre de Freud"  : …  associatif), Freud ajoute en 1896 la projection paranoïaque, par laquelle le sujet, au cours d'un *délire de persécution, projette sur autrui la représentation, laquelle reste alors liée à son affect (« Nouvelles Remarques sur les psychonévroses de défense ») : Frau P. projette sur le voisinage les reproches qu'elle peut se faire au sujet de ses… Lire la suite
PSYCHIATRIE COMPARÉE

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre "Comparaisons nosographiques"  : …  recouverte par la constatation d'un phénomène beaucoup plus massif en milieu hospitalier, à savoir *la fréquence des bouffées délirantes, que les Anglo-Saxons appellent « schizophrénies aiguës ». Cette fréquence a été signalée depuis longtemps en diverses régions d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique (cf. W. Pfeiffer, pp. 52-59). E. Kraepelin avait déjà… Lire la suite
PSYCHOSE

Écrit par :  Pierre FÉDIDAPierre JUILLETHélène STORK

Dans le chapitre "Les conceptions psychanalytiques"  : …  née du conflit, quel que soit ce dernier. La plupart des symptômes manifestes, notamment le *délire, sont des tentatives secondaires d'aménagement, dans un sens plus tolérable, du désinvestissement massif et chaotique, un essai de reconstitution d'un lien objectal reprenant une certaine « vérité ». À maints égards, de telles perspectives… Lire la suite
QUÉRULENCE

Écrit par :  Georges TORRIS

… *Terme (du latin querela, plainte) utilisé par la psychiatrie germanique et adopté par quelques psychiatres français pour désigner le délire de revendication : quérulence ou quérulance. Le malade quérulent, souvent à l'occasion d'un préjudice réel, devient progressivement processif, puis dangereux ; il harcèle de ses plaintes celui dont il… Lire la suite
SCHIZOPHRÉNIE

Écrit par :  Maurice BAZOTGilles DELEUZE

Dans le chapitre "Une percée vers « plus de réalité »"  : …  à une structure familiale dans laquelle ce manque est repéré. En fait, le phénomène du *délire n'est jamais la reproduction même imaginaire d'une histoire familiale autour d'un manque. C'est au contraire un trop-plein de l'histoire, une vaste dérive de l'histoire universelle. Ce que le délire brasse, ce sont les races, les civilisations, les… Lire la suite

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