2. Typologie des déficiences mentales
Les différentes formes cliniques de la déficience mentale – appelée encore arriération mentale, déficience intellectuelle, débilité mentale, et plus anciennement encore idiotie ou imbécillité – ont été peu à peu précisées depuis le début du xixe siècle.
• Diagnostic
Le diagnostic de déficience mentale se fonde sur trois critères cliniques essentiels : le retard du développement de l'expression par le langage ou ses précurseurs ; les retards d'apprentissages tonico-moteurs et intellectuels ; enfin les retards d'autonomisation. À ces critères cliniques s'ajoute un critère scolaire : il existe un retard scolaire qui augmente avec l'âge.
Très schématiquement, chez le bébé, le développement sensori-moteur est retardé dans tous ses aspects, et généralement facile à mettre en évidence grâce aux échelles de développement. L'activité motrice, les interactions avec les personnes et les objets sont peu nombreuses, la curiosité semble absente. À l'âge où les enfants parlent, l'enfant déficient mental ne parle pas encore ou parle mal. Il est maladroit, et il acquiert laborieusement les apprentissages banals habituels. Plus tard, il nécessite une surveillance constante car son jugement est précaire, il prend des initiatives fâcheuses et se met souvent en danger. Sa socialisation est médiocre, comme sa compréhension des situations collectives. À l'âge de la scolarisation, celle-ci est gênée par le retard de langage parlé, les difficultés d'acquisition du langage écrit, la médiocrité de la mémoire et de la compréhension. La scolarité elle-même se fait avec un retard de plusieurs années dans l'acquisition des connaissances.
L'examen clinique peut être complété par un examen psychologique spécialisé, avec passation d'épreuves psychométriques (tests de Wechsler, tests de Kaufman), d'épreuves piagétiennes explorant la pensée, et de tests projectifs explorant la personnalité. Il faut souligner que le quotient intellectuel (Q.I.) peut varier d'un examen à l'autre. Sa valeur prédictive est d'autant plus faible que l'enfant est plus jeune. L'examen psychologique doit être pratiqué par des praticiens bien formés, expérimentés, et ne saurait être remplacé par le remplissage de questionnaires fermés.
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