Le centurion ne commande pas à cent hommes ; de même, le décurion n'est en aucune manière le supérieur de dix soldats. Dans les institutions romaines, ce titre, en fait, est employé dans deux contextes très différents. Dans la cavalerie auxiliaire, il désigne le sous-officier qui se trouve à la tête d'une turme, seizième partie d'une aile (unité d'environ 500 combattants).
Mais on parle surtout de décurions à propos de la vie municipale sous le Haut-Empire. Ce mot s'applique aux personnages les plus aisés de la cité, que l'on appelle souvent de manière anachronique les « bourgeois », auxquels il vaut mieux réserver le terme de « notables ». Le choix d'un vocable unique ne doit d'ailleurs pas cacher une réalité mal connue, même des spécialistes : ce groupe social présente une assez grande diversité, et la richesse est loin d'être également répartie entre ses membres dont certains se trouvent bien près de la plèbe.
Du point de vue économique, ils résident en ville, mais l'essentiel de leurs fortunes est constitué par des terres ; le célèbre « moissonneur de Mactar », connu par une inscription et qui s'est enrichi au début du iiie siècle, montre bien […]
