Observateurs narquois et secrètement ravis des embarras de Louis XVI, l'empereur Léopold II et le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, finissent par s'inquiéter de l'« anarchie » qui règne en France et menace, par la contagion de l'exemple, de s'étendre à toute l'Europe. Contre une Assemblée qui prétend exercer partout des droits, ils veulent rappeler les leurs, défendre ceux des princes possessionnés d'Alsace et inciter tous les gouvernements « à faire cause commune afin de préserver la paix publique, la tranquillité des États, l'inviolabilité des possessions et la foi des traités » (Kaunitz). Léopold II, malgré sa répugnance personnelle, esquisse un rapprochement avec la Prusse. Le 15 juillet 1791 (au lendemain du retour de Varennes), son chancelier, Kaunitz, signe avec celui de Prusse, Bischoffwerder, un traité préliminaire d'alliance défensive et de garantie mutuelle de leurs territoires. Sollicités de se joindre à eux, les autres gouvernements déclinent cet honneur : plus désireuse d'encourager les désordres de France, dont elle espère tirer parti, que de les réprimer, l'Angleterre demeure dans l'expectative ; l'Espagne, en proie à de perpétuelles difficultés financières, […]
