2. Une lecture « laïque » de Malebranche
Le cartésianisme critique de Malebranche séduira les philosophes des Lumières (le baron d'Holbach, l'abbé Meslier, Helvétius...) qui, rejetant la théologie augustinienne dont il s'inspirait, feront de l'entendement la source de nos représentations. L'homme remplace Dieu. L'ordre du monde est le fruit de nos productions. Religieuse d'inspiration et d'intention, métaphysique et systématique, mécaniste et cartésienne de méthode, la pensée de Malebranche, qui voyait dans « la lumière divine » la source de toutes nos pensées, a paradoxalement étayé une philosophie radicalement opposée : l'empirisme matérialiste et athée du xviiie siècle. La vérité, au bout de la recherche, ne se trouve donc pas nécessairement là où elle était censée résider.
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