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DE L'ÂME, Aristote

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2.  La question de l'intellect

Ce sont les débats sur l'intellect qui ont surtout occupé l'aristotélisme médiéval, c'est-à-dire la postérité théologique et métaphysique du Stagirite. L'intellect « agent » est un principe incorporel, « semblable à une sorte d'état comme la lumière », « séparé, sans mélange et impassible », « immortel et éternel » (430 a-b). Ces pages très denses autoriseront Averroès, dans son commentaire du Traité de l'âme (vers 1190), à soutenir la thèse d'un intellect unique pour tous les hommes. Ouvrant la voie à la mystique la plus spéculative, l'averroïsme affirme l'unité non seulement de l'intellect actif mais encore de l'intellect « possible » ou matériel – cette part passive de l'âme, « l'intellect capable de devenir toutes choses » (Traité de l'âme, III, 5), qui lui sert de matière. Thomas d'Aquin, dans le De unitate intellectus (Traité sur l'unicité de l'intellect, 1270), soutient au contraire que « l'âme humaine est l'acte d'un corps et l'intellect possible est une de ses parties ou puissances » : contre les thèses suspectes (condamnées à Paris en 1270) de l'averroïsme latin, celle en particulier de l'unité de l'intellect (monopsychisme), considérée comme l'erreur propre des « philosophes », il s'agit de démontrer la pluralité des intellects, c'est-à-dire des agents pensants. À la critique thomiste, Siger de Brabant, dans le De anima intellectiva (De l'âme intellective, 1273-1274), opposera que le problème de l'union de l'âme et du corps est laissé sans solution, car selon lui, cette union ne peut être pensée qu'in operando, en termes fonctionnels.

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