La mort de David Packard, le 26 mars 1996, à l'âge de quatre-vingt-trois ans, a secoué toute la Silicon Valley. Fondateur, avec son ami Bill (William R.) Hewlett, de Hewlett-Packard Company (H.P.), cet homme à la voix de baryton et à la stature imposante fut, pendant plus d'un demi-siècle, une légende de l'industrie américaine. Né le 7 septembre 1912 à Pueblo, dans le Colorado, diplômé de l'université Stanford en 1934, David Packard commence à travailler chez General Electric, à Schenectady (État de New York). Cinq ans plus tard, Bill Hewlett lui propose de créer une entreprise. Ce dernier a développé un générateur de signaux électriques et cherche à le commercialiser. Les deux compères décident de s'associer et tirent au sort pour savoir lequel de leurs deux noms figurera en premier. Avec 538 dollars en poche, ils démarrent dans un garage de Palo Alto, en Californie (celui-ci est aujourd'hui classé monument historique). Leur premier client est Walt Disney : les célèbres studios, qui cherchent une machine pour synchroniser les effets sonores du film Fantasia, leur achètent huit « audio-oscillateurs ».
H.P. est lancée. Au cours de ses premières années d'existence, la firme progresse lentement sur le marché de l'instrumentation et de la mesure. Puis, avec l'entrée en guerre des États-Unis, les commandes affluent. Les deux hommes se partagent alors les tâches. Lorsque Bill Hewlett va servir sous les drapeaux, David Packard prend les rênes de l'entreprise. Vingt-huit ans plus tard, les rôles sont inversés. Le premier tient la barre quand le second va à Washington pour devenir (de 1969 à 1971) adjoint de Melvin Laird, secrétaire d'État à la Défense du président Richard Nixon. Cette confiance réciproque illustre la philosophie de la société, ce qu'on appellera plus tard H.P. Way.
Si le profit est la principale préoccupation de la compagnie, celle-ci s'est toujours efforcée de bien intégrer son personnel, se refusant, même pendant les périodes de crise, à recourir aux licenciements secs. H. […]
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