2. Le roi David
Au-delà d'une carrière fabuleuse, le nom de David Oïstrakh s'associe à l'image du musicien complet qui s'ouvre à tous les modes d'action de son art. Attiré dès son plus jeune âge par la musique de chambre, c'est à cette discipline de groupe qu'il doit la rigueur et la simplicité que l'on admire chez lui. Au-delà d'une technique exceptionnelle, l'artiste se caractérise par une démarche humble qu'il adapte à l'œuvre et à ses partenaires. On comprend alors pourquoi Oïstrakh recherche systématiquement un répertoire nouveau et des partenaires différents. Les plus grands chefs l'ont accompagné et, pour la musique de chambre, on se souviendra des séances avec Sviatoslav Richter, Mstislav Rostropovitch, Paul Badura-Skoda ou, plus loin, avec Lev Oborin, Sviatoslav Knuschevitzki, Yehudi Menuhin, Pierre Fournier, Julius Katchen ou Pablo Casals.
Les dix dernières années de sa carrière se partagent entre l'activité du violoniste et celle du chef d'orchestre. Cette nouvelle vocation complète naturellement sa démarche artistique, comme elle a couronné celle d'Eugène Ysäye un demi-siècle plus tôt. Il tient notamment à accompagner ses élèves et grave plusieurs disques avec son fils Igor – notamment une légendaire Symphonie concertante pour violon et alto de Mozart, où le père joue la partie d’alto (1972) –, avec Viktor Pikaisen et avec Oleg Kagan.
Le rôle de David Oïstrakh est également essentiel dans l'élargissement du répertoire du violon : il révèle et impose des partitions peu connues, sans concession au succès. Les concertos de Paul Hindemith, de Béla Bartók (Premier Concerto), la Suite de concert de Sergueï Taneïev, la Fantaisie écossaise de Max Bruch, les œuvres d'Ysäye, de Karol Szymanowski (Sonate pour violon et piano, opus 9), d’Arthur Honegger (Sonatina pour deux violons) trouvent en lui un ardent défenseur. Il stimule également les compositeurs contemporains, qui écrivent de nombreuses partitions à son intention : Dmitri Chostakovitch (Premier Concerto pour violon – 1955 – et Deuxième […]
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