Gallois par ses ancêtres paternels, mais anglais par sa mère, David Jones compte également des ancêtres italiens. Dès son jeune âge, en dehors de toute éducation scolaire, il se consacra au dessin : il exposa ses premiers essais en 1903-1904. Sa formation artistique fut interrompue par sa participation à la guerre, mais reprise dans un esprit nouveau, mûrie par cette grande expérience et approfondie par sa conversion au catholicisme en 1921. Illustrateur et graveur, il reconnaît sa dette envers Eric Gill, auprès de qui il passa plusieurs années comme membre de la Communauté de Ditchling ; aquarelliste, il relève un peu des préraphaélites et beaucoup des post-impressionnistes, préoccupé qu'il est par la recherche de la lumière et de la transparence, la création de « paysages d'atmosphère », où se fondent le vu et l'imaginé, où le concret reste le support du symbolisme. De nombreuses expositions, jusqu'à la rétrospective de 1981 à Londres, ont établi son originalité dans l'ordre de l'art visuel, l'« image » ; mais dans le domaine du « mot », pour reprendre les termes d'un catalogue récent qui veut confronter les deux aspects du génie de David Jones, sa réputation littéraire ne dépasse pas encore le cercle d'initiés dont certains font autorité ; ainsi T. S. Eliot saluant In Parenthesis (1937) comme « une œuvre de génie » et W. H. Auden affirmant que The Anathemata (1952) est « l'un des plus importants poèmes de notre temps ». David Jones, en raison d'affinités d'inspiration et de style, est destiné à prendre place aux côtés de Gerard Manley Hopkins, de James Joyce, de T. S. Eliot et d'Ezra Pound. Il a abordé la création littéraire en autodidacte, et fortuitement à l'occasion d'une convalescence en Palestine. La guerre et cette expérience « expliquent, a-t-il dit, pour une très large part ses tentatives d'écrivain ». Alors que la technique picturale procède par juxtapositions, toujours déchiffrables, l'œuvre écrite, par la voie de l'allusion oblique, des suggestions offertes par la frange des mot […]
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