4. La théorie de la croyance et le problème religieux
Qu'est-ce, pourtant, que croire ? La théorie classique et celle de Hume partent ici d'une même constatation : l'idée d'un objet n'est pas la croyance en l'existence de cet objet (c'est en ce sens que Descartes remarquait qu'une idée n'est, en elle-même, ni vraie ni fausse). Mais la théorie classique part de cette constatation pour situer la croyance dans un autre domaine, celui de l'affirmation, du jugement liant deux idées : pour elle, la croyance n'est donc possible que par le caractère relationnel et systématique de la pensée. Tout autre est le point de vue de Hume quand il écrit : « La croyance peut être très précisément définie : une idée vive unie ou associée à une impression présente » (Traité, III, 7). La croyance, comme la relation, sera expliquée à partir de l'impression.
« Il est loin d'être vrai, précise une note du même texte, que, dans tout jugement que nous formons, nous unissons deux idées différentes : car, dans cette proposition : Dieu est, ou, certes, dans toute autre qui a trait à l'existence, l'idée d'existence n'est pas une idée distincte que nous unissons à celle de l'objet, et qui soit capable, par son union, de former une idée composée. » En ce sens, la croyance n'apporte à l'idée aucun élément intellectuel nouveau. Elle consiste dans la manière dont nous concevons l'idée. « Une idée à laquelle on acquiesce se sent autrement qu'une idée fictive » et, ajoute Hume, « cette différence de sentiment, je tente de l'expliquer en l'appelant supériorité de force, de vivacité, de consistance, de fermeté ou de stabilité. »
Cette théorie, on le voit, est purement descriptive. Fournit-elle, pour le moins, des principes de distinction ? Ici, une fois encore, Hume fait intervenir l'expérience de l'effort, ou celle de la facilité. Les matières qui demandent une grande attention seront l'objet d'une croyance faible ; au contraire, celles qui réclament le moins d'effort seront l'objet de la croyance la plus vive. Il y […]
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