Pour sir David Hare, le rôle du théâtre consiste à analyser la société – un peu à la manière d'un journaliste idéal (A Map of the World, 1983). « Les mots ne peuvent être testés que lorsqu'ils sont dits. Les idées ne peuvent être mises à l'épreuve qu'en situation. Voilà pourquoi le théâtre est la cour [de justice] la plus efficace dont dispose la société. » Tout l'itinéraire de David Hare reflète cette conception.
Né à Bexhill, David Hare fait partie de la seconde génération de dramaturges politiques (après celle de John Osborne et d'Arnold Wesker) qui commence à écrire dans les années 1970 en Angleterre. D'abord situé radicalement à gauche, il fonde avec Howard Brenton la compagnie « Portable Theatre » qui fait descendre le théâtre dans la rue et aborde des problématiques invariablement centrées sur la corruption et la décadence du monde, ainsi que sur une vision historique de la société. Les deux dramaturges cosignent un certain nombre de pièces (Lay By, 1971 ; Brassneck, 1973 ; Pravda, 1985...) qui donnent forme à ce théâtre très proche de l'agit-prop, dans sa technique comme dans son idéologie. Fanshen (1975) marque pour Dav […]
