2. Datations : interprétation chronologique
Que des datations disponibles à proximité des parois ornées soient ou ne soient pas utilisées pour établir une chronologie des représentations est révélateur du poids de l'interprétation des dates, qui ne sont en fait significatives que d'elles-mêmes, dans la mesure où leur validité physique est acquise. Prenons quelques exemples de grottes dans lesquelles le contexte archéologique au sol (charbons, os) a été daté ainsi que certaines représentations. Par souci d'allègement, les datations données dans cet article ne sont accompagnées ni de leur sigma (l'intervalle de probabilité à l'intérieur duquel la datation a n chances sur 100 d'être exacte) ni de la mention des laboratoires qui les ont effectuées (cf. tableau) : 12 760 pour un foyer du Portel, grotte du Magdalénien moyen des Pyrénées, mais 12 180 et 11 600 (Magdalénien supérieur) pour deux dessins de chevaux de la même grotte ; 15 000 à Cougnac (Lot), alors qu'aucune des six datations pariétales ne correspond à cette date (13 810, 14 300, 19 500, 22 750, 23 610 et 25 120) ; ou encore 15 570, 20 370 (datations considérées comme polluées), 18 440, 26 360 et 27 870 pour des charbons prélevés sur les sols de Cosquer (Bouches-du-Rhône), alors que les datations pariétales se divisent en deux lots, cinq datations comprises entre 18 010 et 19 200 et une double datation d'une main négative à 27 110. Les discordances sont encore plus sensibles dans la grotte Chauvet (Ardèche) : des charbons au sol sont datés de 22 800 à 29 000, des mouchages de torche datés 25 700 et 26 980 et enfin des prélèvements pariétaux datés de 30 340 à 32 410.
La considération des datations récemment obtenues dans des grottes qui sont différentes entre elles d'un point de vue géoculturel incite à s'interroger sur la validité chronologique du contexte archéologique, validité qui n'est jamais remise en cause. Dire que l'ensemble des datations traduit une longue fréquentation de la cavité, ou des occupations sporadiques, n'est qu'une facilité interprétative. Cette argumentation fallacieuse pratiquée actuellement montre a contrario l'inanité des rapprochements chronologiques entre les échantillons au sol, datés, et les représentations, non datées, précisément parce qu'il n'y a jamais de concordance des datations dans les cas où ont été obtenues à la fois des datations pariétales et des datations de sols.
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